Association Internationale des Ministres de l'Evangile - Construire Ensemble...
Signes des Temps
 
 
Lorsqu'un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui
 
Septembre 2010  
 
A en croire les associations directement engagées sur la question de la persécution des hommes et femmes qui se veulent de la foi chrétienne, nous comptons actuellement dans notre monde pas loin de 200 millions de chrétiens directement persécutés pour les convictions qu'ils affichent. Il ressort en outre de ce chiffre que trois quart des individus dont l'intégrité physique et morale est atteinte le sont pour des raisons de croyance. 
 
Cet état de fait va totalement à l'encontre de la déclaration universelle des droits de l'homme qui comprend en outre, et plus particulièrement dans son dix-huitième article, la liberté de pensée, de conscience et de religion. Au demeurant cet article précise également le droit que quelque individu détient de changer de religion. Au vu de ce que nous pouvons observer dans les pays à obédience islamique, ce dernier aspect a tout son pesant d'or. 
 
Il est nécessaire de se pencher sur cette perturbante situation, d'autant plus que personne ne semble en parler. Non pas que le bavardage soit d'une quelconque assistance, mais que la parole et l'écrit permettent l'une comme l'autre une prise de conscience collective à l'égard d'un mal insupportable, intolérable, et face auquel nous démontrons une indifférence choquante, même lorsque nous venons à en prendre connaissance. Il en est ainsi de la nature humaine, non pas de celle que Dieu a façonnée mais de celle qui est tombée bien bas face aux attentes divines. A ce titre l'Ecclésiaste, qui s'affaira à analyser le monde et son fonctionnement, décrit particulièrement bien l'absence mondaine de consolation à l'égard de ceux-là même qui ont les yeux en larmes…. Dieu seul sait combien la souffrance des persécutés est incommensurable. 
 
L'observation des événements quotidiens à l'égard de la persécution, et la prise en compte de la multitude de témoignages de personnes qui tiennent à faire savoir à quelles conditions ils ou leur entourage sont soumis, nous permet de constater que la persécution prend généralement racine dans des milieux frappés de fondamentalisme religieux comme en Iran, dans des pays totalitaire comme en Corée du Nord, ou dans des pays en guerre comme au Soudan. 
 
Si ces trois pays ne semblent à priori ne générer aucun doute dans notre esprit quant à la force utilisée pour maintenir un soi-disant ordre prédéfini, il en va tout autrement de pays dits modérés comme l'Egypte où une dichotomie flagrante existe entre droits et faits. Si par mégarde, vous veniez à vous convertir à la foi chrétienne, ne comptez pas sur les autorités pour amender votre passeport sur la question de la religion. Mais il y a des événements, dont nous n'entendons aucun rapport journalistique, bien plus affligeants. Prenons pour preuve les six jeunes hommes coptes qui connurent une fin tragique à la sortie de la célébration de Noël à Nag Hammadi, par les mains meurtrières de musulmans déchainés. Dans ce même pays, certaines femmes sont séquestrées jusqu'à conversion forcée à l'Islam, ou font l'objet de mariage forcé pour des raisons de religion. Il en ressort d'inexplicables disparitions. 
 
Si ces pratiques prévalent dans des pays qui se veulent modérés, quant est-il ailleurs? L'Iran est soumis à la charia, loi islamique, selon laquelle la peine de mort est possible, pour ne pas dire prévue, pour tous ceux qui seraient susceptibles de se convertir, et donc d'abandonner l'obédience islamique. Dans les faits, ils sont emprisonnés, torturés et tués. Si vous ne le croyez pas, vous êtes invités, encouragés et exhortés à prendre connaissance de films et autres photographies démontrant les plus grandes atrocités en la matière. Cela est particulièrement vrai des populations arméniennes et assyriennes dont le Pasteur Wilson Isavi qui, en date du 2 février 2010, fut arrêté, emprisonné, torturé pour être libéré deux mois plus tard. Pour quelle raison? Celle de la foi. Au demeurant l'église a été fermée. Il ne ferait effectivement aucun sens d'arrêter le pasteur pour que les brebis puissent continuer à paître dans de verts pâturages. 
 
Ces hommes et femmes, dont certains sont nommés dans ce présent article, font partie de ces héros de la foi que nous lisons dans le onzième chapitre du livre aux Hébreux, et dont le monde n'est pas digne. Le monde se tait dans une conspiration du silence religieusement respectée par les gouvernements, la presse et les autres médias. Personne ne les console. Personne n'en fait cas. Il n'en va pas ainsi de l'esprit chrétien qui nous enseigne que lorsqu'un membre souffre, tous les autres souffrent avec lui. Il est temps de se revêtir d'empathie et de compassion, celles-là même qui nous appellent à l'action.
 
Laurent Favre